Nos Portraits

Triipcool La Rochelle et la Jeune Chambre Économique de La Rochelle ont réfléchi conjointement à la situation économique et psychologique des commerçants de notre belle ville ne pouvant plus exercer leur activité, à la suite de la situation sanitaire engendrée par la covid-19. Triipcool fait travailler des acteurs locaux, qui interviennent à domicile. Cette entreprise a à cœur d’être pleinement solidaire des commerçants qui ont dû cesser toute activité. Ainsi, lors d’une réunion avec La Jeune Chambre Économique de La Rochelle, nous avons pensé au moral de nos partenaires et réfléchis à ce que nous pouvions mener comme action conjointe. Nous avons donc eu l’idée de dresser des portraits des commerçants qui ne peuvent plus ouvrir leur commerce en leur donnant la parole afin qu’ils puissent exprimer leurs ressentis.

La rochelle

Mr Pascal Bouillaud, directeur du syndicat mixte du port de La Rochelle.

Interview  réalisé  par Monsieur  Porteli Geoffrey membre de la Jeune Chambre Economique La Rochelle.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Pascal Bouillaud, directeur du syndicat mixte du port de La Rochelle. Je gère un établissement qui emploie 26 salariés. Le port de pêche est géré par deux collectivités, le Conseil départemental de Charente Maritime et la Communauté d’agglomération de La Rochelle. Les élus se regroupent environ une fois tous les un mois et demi, l’ensemble de l’activité du port est alors présenté avec la stratégie de développement ; Ils donnent des orientations et des tendances à tenir pour le développement du port.

Vous êtes directeur du port de pêche depuis combien de temps ?

Ça fait maintenant plus de trente années que je travaille dans le domaine de la pêche, j’ai commencé à l’ancien port au centre-ville. J’ai une bonne expérience dans le milieu. Je suis directeur depuis une dizaine d’années maintenant mais également Co-Président de l’Association des directeurs des halles à marée de France 

Vous êtes salarié ?

Oui de droit privé. L’activité du syndicat mixte du port Chef de Baie à La Rochelle s’articule autour de plusieurs activités. La première est la vente aux enchères des produits de la mer, de tous les produits de la mer qui viennent par la voie maritime, ou par la voie routière. Cette activité donne lieu pour le service rendu à perception de taxes et redevances de services. La deuxième activité est la location. Nous avons un peu plus de 17 000 mètres carrés loués à des occupants à qui on fournit  différentes prestations (froid, eau douce, eau saumâtre…). Les locataires font venir des produits de la mer de différents autres ports départementaux, nationaux et européens et transforment leurs produits sur le port de La Rochelle. Nous disposons d’une plateforme de gare routière permettant la réception et l’expédition de nombreux produits, ce qui représente un atout majeur. Le troisième axe est le développement du port de service. Nous sommes le seul port sur la côte atlantique à disposer d’un bassin en pleine mer, accessible sans contraintes de marées. Les producteurs peuvent ainsi disposer des services d’entreprises pour le carburant, la réparation, les électriciens, les plongeurs, etc... 

La place portuaire regroupe au total 127 entreprises pour presque 800 emplois et réalisant un chiffre d’affaire de 123 M€.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous à mettre en place au niveau des mesures sanitaires ?

Il fallait que tout le monde prenne conscience de l’importance du respect des gestes barrières au regard des risques sanitaires. Ça s’est fait rapidement pour le personnel du port,  notre responsable qualité a mis en place toutes les procédures très rapidement et nous n’avons pas connu de grosses difficultés à nous approvisionner en masques et en gel.

Est-ce que les masques en papier ont posé des problèmes aux personnes qui travaillent à l’extérieur ?

Il faut juste rappeler aux agents la nécessité de les remplacer toutes les quatre heures ou avant s’ils sont humides. 

Comment avez-vous vécu les demandes d’adaptation successives ces douze derniers mois ?

Nous avons pris à chaque fois autant que nécessaire les mesures qui nous semblaient les plus appropriées à la règlementation. On a fait en sorte de faire au mieux, d’autant que nous n’avons jamais arrêté notre activité. Pas d’arrêt de la criée, ni de la vente. Au contraire, il a fallu maintenir un activité pour satisfaire aux demandes les moyennes et les grandes surfaces lorsque les marchés étaient partiellement fermés. Les seules entreprises qui ont stoppé leur activité sont celles qui fournissaient la restauration. 

Y’a-t-il eu un surplus de production, de produits ?

Non, mais nous avons constaté une évolution au niveau de mode de consommation avec des consommateurs qui cherchaient des produits préemballés, des produits plus faciles à l’emploi. Nous avons alors lancé une étude et avons mis en place une unité de conditionnement de produits en barquette. C’est encore à l’étude. C’est une évolution à laquelle nous n’avions pas pensé avant. Les ports, nous ne sommes que des prestataires de services ; nous avons du poisson qui nous arrive d’un producteurs qui nous demande de le vendre au meilleur prix, en criée et en respectant les règles sanitaires et les règles communautaires.

Parallèlement, on s’est demandé si on devait mettre en place des outils de stockage comme des outils de surgélation pour faire face aux accroissements ponctuels de denrées. C’est toute cette réflexion qui nous a amenés aujourd’hui à nous positionner sur des actions nouvelles qui font l’objet d’étude et devrons être présentés aux élus pour avis.

Et y’a-t-il des choses qui ralentissent votre fonctionnement, le mettent à mal ?

Nous avons eu des baisses importantes des prix de vente en criée du fait de la fermeture des restaurants. Là, ça a été très compliqué. Certains produits à destination de la restauration ont eu beaucoup de mal ; à ce commercialiser.

Et les pêcheurs ont dû être fortement touchés ?

Oui, et à plusieurs niveaux. Effectivement au niveau de cette baisse des prix, mais il y a aussi l’augmentation des prix du carburant ce qui a engendré une baisse de marge. La rémunération des armateurs et des marins diminue fortement. Les organisations professionnelles ont  alertes les pouvoirs public et notamment l’État sur les problématiques des pêcheurs. Il y a  eu aussi le problème du respect des gestes barrières à bord des navires du fait de la promiscuité à bord des navires. Nous avons été confrontés à de nombreuses difficultés que peu de personnes imaginent dans le monde de la pêche.

Est-ce que ça s’est bien passé finalement, comment était l’ambiance ?

Ça s’est très bien passé sur l’ensemble du port de pêche. Je remercie l’ensemble du personnel pour les efforts qu’ils ont fournis. On a modifié la totalité des horaires du personnel. Tout le monde a accepté de changer ses horaires du jour au lendemain, on ne trouve pas cette engagement dans toutes les entreprises. Dans notre activité, il est peu question de télétravail. La vente, la pesée du poisson, l’enlèvement des lots en criée pour l’expédition vers les acheteurs, il faut du monde sur place. Par ailleurs compte tenu des problèmes de marché, il était essentiel d’être à l’écoute des professionnels au quotidien On a besoin de contacts et du relationnel ; il faut être sur place pour appréhender les difficultés ; il y a une relation permanente à avoir avec les pêcheurs et les acheteurs.

Des choses mises en place par les syndicats pour aider les salariés qui auraient des difficultés psychologiques ?

Au Syndicat Mixte, il n’y a pas eu d’arrêts de travail pour des difficultés psychologiques. Cependant les salariés aspirent à reprendre des horaires normaux ; ils ont fait énormément d’efforts depuis un an et demi ; nous étions quand même en première ligne au moment de la crise du Covid. 

Est-ce que la crise vous a personnellement affecté ?

Non, pas de difficultés particulières, mais une mobilisation permanente.

 

 Entretien rédigé et retranscrit par Triipcool La Rochelle.

 

 

 

 

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